Wwoofing, camping et van : nos conseils pour un voyage ultra-local

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Partir à la rencontre de l’autre en sortant d’une logique consumériste, découvrir d’autres cultures et valeurs plutôt que de chercher à enrichir son fil Instagram : le voyage ultra-local a le vent en poupe et nous rapproche à moindre coût. 

“S’il vous plaît, ne rédigez pas un énième article “couchsurfing, le bon plan pour voyager à l'oeil", vous n'imaginez pas le mal que ça fait à notre communauté." avertit Grégory, lorsque je le contacte pour partager son expérience. “Après ce genre d'articles, en tant qu'hôtes  on se prend des vagues de demandes ultra-opportunistes limite pique-assiette de voyageurs qui cherchent seulement du gratuit et pas forcément de l'échange, ce qui est une vertu de la communauté couchsurfing.” Nous voilà prévenus. 

Selon un sondage IPSOS pour Alliance France Tourisme, la grande majorité des Français (69%) indiquent vouloir privilégier l'Hexagone pour leurs vacances. Crise sanitaire, crise économique qui en découle pour certain.e.s, envie de se rapprocher des autres après un an et demi de distanciation : voyager en France, oui, mais pas retrouver les campings bondés de la Côte d’Azur pour autant. D’autres solutions s’offrent aux français.e.s pour voyager solidaire, écologique et économique. 

"Renouer avec ce monde et ses humains" 

Ilona, 19 ans, prépare son voyage de Montélimar à Fos-sur-Mer, en roller. Au total, 214 kilomètres durant lesquels elle fera escale chez des particuliers pour y passer la nuit, via l’appli Couchsurfing. Elle a obtenu une bourse de l’association Zellidja, qui propose des bourses de voyage pour les jeunes de 16 à 20 ans qui partent en solitaire avec un projet. “J'ai eu envie de voyager en couchsurfing pour renouer avec ce monde et ses humains, pour vérifier si on pouvait toujours compter les uns sur les autres. Je ressens ce véritable besoin de croiser nos vies le temps d'une soirée, avant de repartir. Des instants courts et fugaces où on peut être libéré des étiquettes qu'on se colle mutuellement pour juste profiter du moment présent.” confie-t-elle. De son côté, Nicolas, celui qui nous avertissait plus tôt de l’opportunisme de certains couchsurfers a voyagé sur les canapés du monde entier. Il se définit comme “papy couchsurfer”, et vante “une appli formidable qui m'a permis de squatter une centaine de canapé dans le monde entier et de rendre au monde entier sur mon propre canap' depuis 13 ans". Il déplore pourtant, comme beaucoup d’autres, le fait que l’application soit devenue payante, lui qui en maîtrise parfaitement les codes : “mon grand kif, c’est d’explorer les profils, de chercher un point commun, une étincelle, quelque chose qui me fait dire: hey toi, je crois qu'on va bien s'entendre!” 

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Outre le couchsurfing, il existe une autre façon de voyager chez l’habitant, pour une plus longue durée cette fois : le Wwoof (acronyme de Worldwide Opportunities on Organic Farms) est une plateforme associative qui met en contact voyageurs et hôtes, en échange d’une aide. Sur son site, l’association précise que les wwoofeurs “s’initient aux savoir-faire et aux modes de vie biologiques, en prêtant main-forte à des agriculteurs ou particuliers (les hôtes) qui leur offrent le gîte et le couvert.” Partage et entraide sont de rigueur, souligne Marie, 26 ans, qui a expérimenté le wwoofing une semaine en Ardèche en mars dernier : “nous sommes partis chez un couple de retraités dans un village d’Ardèche, à flanc de montagne. Le paysage était magnifique, et nous aidions au jardin tous les matins. Nous avons appris plein de choses, fait quelques gaffes - les outils de jardinage ne sont pas aussi solides qu’on ne le pense - et surtout beaucoup échangé avec nos hôtes autour d’une bonne bouteille de vin et de soirées documentaires. Ultra-reposant, et ça nous a donné envie de voyager en wwoofing à l’étranger !”

Des anecdotes plein les valises

Depuis 2011, la ville de Barcelone se bat contre la multiplication des logements Airbnb qui engendrent une montée des prix de l’immobilier et vide son centre-ville de ses habitants. 

Pour voyager sans spéculer, d’autres optent pour la liberté et la mobilité, comme Agathe et Léo. Le jeune couple a transformé leur Peugeot 307 break en une maison mobile pour partir sur la route : Nous qui rêvions de partir en van faire un road trip, on s’est dit «  mais pourquoi on ne se ferait pas un trip dans la voiture ? ». On a acheté tout le matériel nécessaire : les planches de bois, les vis, etc, et c’était parti ! Une semaine et demie plus tard, notre maison nomade était prête! On n’avait pas vraiment établi d’itinéraire, on est allés de la Bretagne jusqu’à Cannes en passant par les terres, puis on est retournés jusqu’à Montpellier par la côte, avant de remonter. Le sentiment de liberté quand on voyage qu’avec notre voiture, sans itinéraire prédéfini, il est fou ! Je crois que j’ai fait les plus belles douches de ma vie pendant cette semaine : la douche solaire posée sur le toit de la voiture, on se douchait sur des parkings, face à la mer... C’était vraiment des vacances incroyables. Quand on ne voyage pas, on laisse la structure dans le garage, et quand l’envie nous prend, on ressort tout, et on s’en va. La prochaine destination, c’est un surf trip en Bretagne! Et puis après on compte l’amener en Irlande, pour découvrir le pays en totale liberté.”

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Pour voyager au plus près de chez soi, il existe une solution de camping chez des particuliers, le site Home Camper en tête. Jeanne, qui habite à Paris, a passé au printemps dernier une nuit en Normandie entre amis, en apportant sa tente et de quoi faire un bon barbecue : “On est arrivés à neuf potes pour camper sur le terrain d’une famille qui possédait une maison d’hôtes et une micro-ferme. A deux pas de notre campement, ils étaient en train de rénover une magnifique roulotte, et transformaient leur maison pour qu’elle soit autosuffisante en électricité dès 2025. Tous ces projets nous passionnaient : on a discuté avec eux autour du barbec’ jusqu’à tard dans la nuit !”

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En France et à l’étranger, il existe mille façons de voyager en évitant les endroits les plus touristiques et Instagrammables, tout en découvrant de véritables merveilles et en rencontrant les locaux. Le tout en faisant des économies, mais surtout en voyageant de façon écologique et solidaire. 

Pour aller plus loin : 

Wwoofing, pour des vacances solidaires, économiques et écologiques de Nathalie Jouat, aux éditions Yves Michel
Vélos nomades - du cyclotourisme au bikepacking de Laurent Belondo, aux éditions Tana

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