Pourquoi l'épidémie de Covid-19 ne sévit-elle plus en Inde ?

  • Zoé Stene
  • News
  • Publié le 17 Février 2021 à 15h10
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Alors que la plupart des pays du globe essuient leur 2e, 3e – voire 4e – vague, l'Inde, qui compte plus d'un milliard d'habitants et dont les restrictions sanitaires sont quasi inexistantes, semble être épargnée par une deuxième vague de l'épidémie de COVID-19. Une situation insolite que les scientifiques du monde entier ont du mal à expliquer.

Depuis près d'un an, notre vie est rythmée par les confinements et couvre-feux à répétition... un endroit du monde semble pourtant se débrouiller mieux que les autres face à la pandémie. En effet, le 10 février dernier, New Delhi n'a enregistré aucun nouveau cas de COVID-19. L'Inde aurait-elle atteint la fameuse immunité collective dont toutes les nations rêvent ? Les scientifiques restent perplexe.

 
L'Inde reprend sa vie d'avant

Après un confinement stricte imposé au mois de mars, les restrictions sanitaires ont été levées au début de l'été par les autorités afin d'éviter au pays d'être plongé dans une situation économique catastrophique. Alors même que l'épidémie était en plein essor, l'Inde voit pourtant son nombre de cas de contamination diminuer de manière étonnante dès le mois de septembre 2020 ; du côté des décès le même constat, avec « un taux de mortalité inférieur à 1,5 (1,43%), soit l'un des plus bas du monde », a dévoilé le 14 février le ministre de la Santé Harsh Vardhan. Résultat : la vie a petit à petit repris son cours avec la réouverture des écoles et des universités, ainsi que des cinémas, des restaurants et des centres commerciaux – et ce sans saturation des hôpitaux.

 
Un système sanitaire bancal...

Les scientifiques ont du mal à expliquer cette chute libre de l'épidémie, d'autant que la vaccination a débuté en Inde le mois dernier avec à peine 8,26 millions de doses administrées – soit moins de 0,6% de la population couverte, contre 4,5% en France. En plus de ça, près d'un tiers des Indiens ne sont pas couverts pour leurs dépenses de santé et la contribution publique pour la santé n'est que de 73 dollars par habitant (contre 4 690$ en France, par exemple).

 
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...et des gestes barrières difficiles à respecter

L'explication ne se trouverait pas non plus du côté d'une meilleure application des gestes barrières et de la distanciation sociale, qui semblent être difficile à respecter étant donné la densité de population urbaine. Alors comment expliquer que le pays s'en sorte mieux que les autres ?

 
Une immunité collective ?

Le gouvernement indien dévoile que 56% des habitants de New Delhi ont déjà contracté le virus, un chiffre qui se rapproche de l'immunité collective bien qu'au niveau national le taux d'infection avoisine plutôt les 20%, selon une étude de l’Indian Council of Medical Research. L'immunité collective ne marche pourtant pas à tous les coups, comme le prouve le cas brésilien qui continue de subir de plein fouet l'épidémie malgré un taux d'infection proche de 70%.

Les experts cherchent encore comment l'Inde a pu éviter une deuxième vague : serait-ce grâce à son climat, la jeunesse de sa population ou une certaine résistance génétique ? Ce virus n'a pas fini de nous remettre en question...

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