Les voyages en solo, un véritable phénomène de société

Tendances
Après une année de folie à bouger dans tous les sens, un seul mot sonne doux à nos oreilles : vacances ! Oui mais, il y a un hic. Les vacances farniente telles qu'on les imagine ne tiennent pas toujours leurs promesses.

En amoureux, en famille ou avec les copains, chacun à son rythme, et des envies différentes. Résultat : on en revient plus fatigués qu'au départ. Et si la solution, c'était de voyager seul ? Une idée qui peut faire peur à bon nombre d'entre nous, et qui pourtant prend de plus en plus d'ampleur. Qui sont ces voyageurs solitaires et que cherchent-ils ? On vous dit tout de ce phénomène en passe de devenir une vraie tendance.


Un véritable phénomène de société

D’après une récente étude réalisée par Momondo, 60% des adultes déclarent avoir déjà voyagé seul et 18% y réfléchiraient très sérieusement. Cette tendance est devenue depuis quelques années un vrai phénomène de sociétéDe plus en plus de tour-opérateurs proposent désormais des séjours de ce type. C’est le cas notamment de l’agence de voyage “Copine de voyage”, qui offre la possibilité aux femmes de partir en laponie une semaine avec d’autres passionnées du voyage.

Dans son livre
“Comment voyager seul quand on est blonde, petite et aventureuse”, l’auteure Katia Astafieff nous livre avec malice son aventure solitaire aux quatre coins du globe. “Au cours de mes voyages, j’ai remarqué que je n’étais pas seule à voyager sans personne pour m’accompagner. En fait, on est même plutôt nombreux”. Une tendance que la jeune aventurière explique par une mutation des besoins de notre société. “Il y a beaucoup moins de contraintes familiales qu’il y a 20 ans. La femme est plus indépendante, et les structures familiales ont complètement changées. Selon elle, ce phénomène touche aussi bien les hommes que les femmes, quelque soit l’âge ou la situation professionnelle. Je connais un père de famille qui est parti seul vadrouiller pendant un mois. Je dirais même que cela touche encore plus les femmes. Peut être parce qu'elles sont plus courageuses ?” En effet, la question se pose. Quelles sont les raisons qui poussent de nombreux voyageurs à franchir le pas ?




Un moyen de se sentir libre

La première raison qui revient est souvent liée à cette soif de liberté. Être seul en vacances, c’est décider de tout ! On peut faire ce que l’on veut, quand on le veut, sans contrainte ni pression. Après tout, 33% des sondés se sont sentis plus indépendants et 25% plus détendus après un séjour passé avec eux-mêmes.

À 18 ans, le bac en poche, Manon, étudiante en journalisme, avait envie de marquer le coup. Direction l'Allemagne pour 5 semaines d’aventure à Berlin. Pour se rassurer, elle décida de choisir une auberge de jeunesse exclusivement féminine, et a vécu une expérience d'un mois qui a forgé son caractère ! " Je pouvais partir où je voulais, en bus ou en métro, et faire mon programme de visite. Sortir de ma zone de confort toute seule m'a aussi permis de voir et de mieux comprendre comment fonctionnait le pays. A la fin de mon voyage, j'ai eu le sentiment de pouvoir m'adapter à n'importe quelle culture" .

Si cette expérience s’est bien passée pour Manon, elle s’est avérée plus compliquée au départ pour Jenny
. Partie avec deux amis en Australie pour un PVT, la jeune blogueuse s’est retrouvée toute seule… au bout de trois mois. Rien ne prédisposait cette étudiante, de 23 ans à l’époque, à vivre une telle aventure en solo. “J’étais une personne très discrète qui avait peur d’être seule. Je faisais tout pour être entourée, quitte à accompagner mes proches partout où ils allaient, sans forcément en être enchantée”. Pourtant, l’aventure Australienne s’est peu à peu révélée très formatrice“Je me suis senti beaucoup plus libre, car je ne dépendais de personne. J’ai appris à me gérer toute seule et à faire face à certaines situations. Cela m’a permise de sortir des sentiers battus, de me faire plaisir et de découvrir des choses via les locaux. Aujourd’hui je ne peux pas partir plus de trois semaines avec des amis, car je me rends compte qu’on a tous un rythme différent.“.

Un avis que confirme Katia, qui l’explique très largement dans son livre. “Quand on part à deux, ou à plusieurs, généralement c’est avant tout pour profiter de cette destination avec eux. On a donc tendance à rester enfermé dans le groupe. Quand on voyage seul, on est l’unique maître à bord, et on a vraiment le sentiment d’être plus indépendant.” Mais pour Jenny, si les femmes paraissent plus nombreuses que les hommes, c’est surtout pour se tester“Aujourd’hui, beaucoup de femmes n’hésitent pas à partir seules pour se mettre au défi. Elles veulent se prouver qu’elles sont capables de se gérer à 100% hors de leur zone de confort” analyse-t-elle.




Une nouvelle manière de se recentrer sur soi

Le train train de la vie active n’épargne personne, et bien souvent, on oublie de s'occuper de soi. Partir seul permet de faire le point, d’écouter ses besoins, et surtout de faire un break ! Toujours selon l’étude, 26% des travellers solitaires se sont sentis grandi en partant seulsUn fait confirmé par Jenny. Lorsqu’elle est partie en Australie, la jeune femme sortait à peine d’une rupture difficile. Au fur et à mesure, Jenny s’est reconstruite, et a appris à mieux se connaître. “Je crois que pour la première fois de ma vie, j’ai eu vraiment le sentiment d’être en phase avec moi-même. J’ai appris à me connaître, à savoir ce que je voulais vraiment en tant que femme. Ce voyage a changé ma conception de la vie.”, raconte-t-elle.

Plus apaisée et mâture qu’au départ, Jenny n’avait qu’une hâte : retourner en voyage ! Une façon pour elle de s’oxygéner et s’évader en découvrant des nouvelles cultures“J’ai un gros besoin de voyager. Quand je ne suis pas parti depuis un temps, ça me démange ! J’ai toujours cette soif d’apprendre et partager, même 10 ans après mon premier voyage. C’est ce qui me permet d’avancer”.

Dans son blog, Sarah raconte combien le voyage a lui aussi transformé sa vie“En 2008, j’ai décidé de partir un mois toute seule sac-à-dos en Asie. C’est la première fois de ma vie que je voyageais ainsi, sans rien d’autre de prévu que mon billet d’avion aller-retour. Je ne savais pas trop à quoi m’attendre… Ce fut une révélation. Quand on se retrouve seule à l’autre bout du monde, on est obligée de puiser dans ses propres ressources car on n’a personne d’autre sur qui compter. Et c’est là qu’on réalise qu’on est beaucoup plus fort que ce qu’on imaginait." Mais Katia nuance : “Quand je suis partie pour la première fois toute seule, j’avais l’impression que la fin de mon voyage au Canada allait se terminer sur un vrai truc, que j’allais ressentir quelque chose. Mais au final, pas tant que ça. Je me suis surtout rendu compte que le voyage était loin d’être terminé, et que j’avais encore beaucoup de pays à découvrir. Cela m’a donné envie de renouveler l’expérience”.

Si la solitude peut-être pour certain un bon prétexte pour souffler, elle peut aussi se révéler inconfortable. Comme nous l’expliquait Katia, ce genre de tourisme n’est pas fait pour tout le monde. “Personnellement, la solitude ne m’a jamais vraiment pesé, mais c’est vrai que je pense qu’il faut avant tout aimer être seul. Des fois, on rencontre des personnes durant plusieurs jours d’affilés, et des fois beaucoup moins. C’est vraiment une aventure qu’on ne peut pas prévoir, et il faut s’attendre à vivre des instants solitaire souvent.”





Une manière de découvrir un pays autrement

Entre rencontres insolites et activités improbables, l’aventure solitaire est rythmée de surprises et d’imprévus. Bien souvent pour le voyageur, il est impossible de faire un voyage 100% solitaire. Que ce soit lors des visites, dans votre logement ou sur votre lieu de travail, les nouvelles rencontres dans un pays étranger ne sont jamais très loin !

Il y a 10 ans, Raphaël, 35 ans expérimentait sa toute première expérience de traveler solitaire au Vietnam. Après avoir sympathisé avec quelques habitants, celui-ci s’est embarqué dans une activité improbable : " J'ai pu pêcher sur les côtes thaïlandaises avec de vrais locaux ! Un truc qui aurait été impossible si j'avais été accompagné. De 4h du matin jusqu’à tard le soir, je faisais le vrai boulot de pêcheur !  C’était fatiguant à la fin, mais j’en ai pris plein les yeux” nous raconte-t-il, amusé. “Quand tu es seul, le bouche à oreille se fait très vite, et il est facile de rencontrer des gens. Partir sans personne avec toi te permet de plus t'ouvrir, quitte à sortir du carcan habituel. “poursuit le jeune homme, qui va renouveler l’expérience prochaine au Japon.

L’expérience Australienne de Jenny lui a permis de plus s’ouvrir aux autres“Les sentiments qu’on ressent là bas sont multipliés par 10. J’ai appris à aimer, à ravaler mon amour propre et à faire confiance à des inconnus, choses impossible avant”.

Au Maroc, cette aventurière a fait de très belles rencontres humaines“J’ai passé une nuit entière au fin fond du désert, dans une tente. Il n’y avait que des hommes, venu du maroc ou d’arabie saoudite. Pourtant pas une seule fois je me suis senti en insécurité. Les personnes étaient très gentilles, très sociables, ils s’inétéressaient à ce que je faisais. Le fait d’avoir été seule à favorisé nos échanges”. Un point de vue que partagent les sondés de l’étude. 60% des interrogés déclarent s'être sentis plus ouverts avec les locaux, et 20% plus enclins à essayer de nouvelles choses. Durant ses nombreux voyages, Katia a pu aussi en faire le constat. En Mongolie, ses journées étaient organisées en fonction de ses activités : Voyages en Transsibérien, bénévolat dans un parc national des chevaux de prjevalski, dormir dans une auberge de jeunesse…

Autant d’activités qui ont permis à ce bout en train de rencontrer d’autres voyageurs, mais aussi de partager des moments uniques avec les habitants. "
Je me souviens d’une soirée passée dans ce fameux parc national. On était tous dans une yourt, musique des années 80 en fond, moi et d’autres bénévoles. Il y avait une Américaine qui, comme moi, voyageait seule, et avec qui j’avais sympathisé. Et il y avait bien sûr les habitants : tous avaient des looks improbable ce soir là. C’était assez marrant à voir" .

Des rencontres et des belles histoires, Katia en a des tonnes à raconter. Pour elle, une chose est sure : voyager seule est une bonne façon de découvrir un pays. “Ce genre d’aventure ne se fait jamais seul. Tout dépend de l’activité que l’on choisit de faire une fois sur place, mais généralement, on arrive toujours à partager l’aventure avec quelqu’un” Une façon de découvrir les lieux d’une autre manière : plus spontané et authentique.




Les conseils de Katia et Jenny avant de se lancer

N'ayez pas peur des a priori. 
Ne vous bloquez pas sur une destination à cause des “on dit”. Les rumeurs ne sont pas toutes fondées, et vous pourriez tomber sur de très belles surprises. "Quand je suis partie seule en Russie, tout le monde me disait que j’étais folle. Pourtant, j’ai été très bien accueillie. Les gens me regardait avec bienveillance, on m’aidait à porter mes valises jusqu’à chez moi...je n’ai jamais eu de problème" explique Katia.

Renseignez vous sur les coutumes avant de partir. Cela parait logique mais il est très important de se renseigner sur la culture et la société du pays dans lequel on souhaite séjourner, afin de ne pas choquer les locaux. 

Commencez par des destinations Occidentales. Voyager seule est une aventure riche, qui demande une certaine expérience. Alors pour commencer et faciliter votre voyage, choisissez des destinations “facile”, comme l’europe, le canada ou le québec. Le choc des cultures y sera moins violent et se sera une façon plus douce de mettre le pied à l’étrier. Vous pouvez aussi débuter par des court séjour (trois quatre jours) avant d’aller plus loin, plus longtemps.

Ne voyagez pas trop lourd. Quand on voyage seul, il faut prendre le minimum avec soi. Pour voyager confortablement, n’excedez jamais les 7 kg et pensez à bien régler votre sac.

Si vous avez envie, lancez-vous ! Katia ne le dira jamais assez “Avant de se lancer, le premier critère et d’avoir ENVIE”. La peur fait parti du voyage et il est normal d’avoir des appréhensions. Mais une fois ce passage vers l’inconnu franchit, plus rien ne vous arrêtera. Si vous rêvez de parcourir les grands espaces en solitaire, et partir dans une aventure quotidienne avec son lot de surprises, lancez-vous ! Vous serez fier de raconter vos exploits à votre entourage.



Les blogs qui en parlent

Cette tendance touche aussi le monde du blog. Des voyages que ces travelers 2.0 nous racontent avec passion chaque jours, en distillant de précieux conseils et  astuces pour partir, finger in the nose, ou presque, à la conquête du globe.

Voyage etc : Un an à faire le tour du globe toute seule et autant de tips, conseils et bons plans à partager. La jolie Adeline consacre tout un onglet sur l’art du voyage en solitaire.
Graine de voyageuse : Maroc, Brésil, Mexique…Pauline ne compte plus les jolies destinations parcouru toute seule. Les bonnes raisons de partir après une rupture, les trois pays pour démarrer son voyage… des retours sur expérience positifs, qui donnent envie.
Le blog de Sarah : Curieuse et positive, Sarah encourage tous les lecteurs de son blog a se lancer dans le voyage. Une expérience humaine riche, qui a bouleversé sa vie depuis 2008. Inspirant !
Le sac à dos : Globe trotter invétéré, Ryan devait rester au Vietnam pour deux semaines. 4 ans plus tard, ce mordu de voyage a attrapé le virus du globe-trotter solitaire. Des tonnes de trips qu'il partage sur son blog.