Ces deux voyageurs parcourent le monde à bord de leur van

Tendances

Céline, 24 ans, originaire de Chambéry, et Aurélien, 27 ans, de Montpellier, ont décidé de partir faire le tour du monde en van pendant deux ans. Une histoire plutôt peu commune, quand on imagine ces deux jeunes amis rouler vers l’aventure pendant des kilomètres et des kilomètres. Mieux vaut être certain de son amitié et ne pas souffrir de claustrophobie ! Ils nous ont consacré un peu de leur temps pendant leur périple, pour partager avec nous leur aventure au grand jour.

Amis de longue date depuis une expérience à l’UCPA, ils se sont tous deux retrouvés quelques années après à Paris, et ce pour trois ans. Et c’est justement quand la routine parisienne "métro-boulot-dodo" s’est installée, qu’ils ont commencé à avoir besoin d’air et que les cafés du samedi se sont transformés en une réelle nécessité d’évasion. En août 2017, l’idée folle de partir faire le tour du monde en van leur est venue en tête et n’en est plus jamais ressortie. Ils ont alors commencé à mettre tout en œuvre pour réaliser leur rêve, et ils sont aujourd’hui sur la route depuis octobre 2018, après avoir déjà parcouru l’Italie, l’Autriche, la Slovénie, la Croatie, le Monténégro, l’Albanie, la Grèce, et se trouvent actuellement en Turquie. Ils projettent de continuer leur roadtrip au moins jusqu’en Asie, et plus exactement au Vietnam. Pour l’Océanie et les Amériques, ils aviseront à ce moment-là.

©See You Soon

Ça n’a pas été si simple, car un tel voyage se prépare en amont, bien à l’avance. Le parcours était tracé, sans établir vraiment les points de chute. Ils s’adaptent en fonction des saisons, des goûts, des envies. Après de nombreuses recherches, formalités administratives et autres démarchages de partenaires, Céline et Aurélien ont décidé de se focaliser sur les sports outdoor, et de mélanger leur passion des sports extrêmes aux voyages et à l'aventure. Grâce à leur amour pour les sports d’extérieur et la solidité de leur projet, les deux jeunes aventuriers ont réussi à démarcher de nombreux partenaires comme Akéwatu ou Zagski notamment, qui leur ont gentiment donné des planches de surf et des skis, leur épargnant ainsi ces dépenses outrageuses. Ils sont à prendre en exemple, car même si le financement est matériel et non monétaire, c’est une aide non négligeable pour un projet de ce type. « Vous seriez étonnés de voir comme de nombreuses marques se trouvent être généreuses lorsqu’il s’agit d’un projet coup de cœur. »

©See You Soon

Les deux amis racontent leur histoire dans leur blog, à travers des articles inspirants tournés vers le conseil et des vidéos qui nous transcendent. Ils souhaitent montrer de manière complètement transparente et authentique ce qu’ils vivent tous les jours, nous faire découvrir leur aventure humaine et ce qu’est la vraie vanlife. « Tout ce que l’on voit sur internet, c’est un millième de ce que l’on vit réellement, les gens ne parlent jamais des galères, mais le voyage ce n’est pas un conte de fées, tout est loin d’être rose ! Nous, on souhaite montrer le vrai côté du voyage, les meilleurs comme les pires moments, mais tout ce qu’on révèle, c’est la réalité. »


Pourquoi avoir décidé de partir en van ?


« Tout d’abord, comme on vous l’expliquait, nous sommes de grands amateurs de sport outdoor et cette passion sera donc au cœur de notre voyage. Transporter le matériel en transport aérien ou ferroviaire aurait était beaucoup plus compliqué et onéreux. Et voyager en van signifie une liberté incontestable. Nous pouvons choisir de rester le temps que nous souhaitons dans chaque destination et nous nous fixons généralement par rapport à la météo. », nous explique Céline.
 

Comment vous organisez-vous au quotidien ?


« Nous vivons au jour le jour. Aurélien est derrière toutes les vidéos car il aime ça depuis toujours, on est justement en train de monter la sixième, et moi j’écris les articles, je poste sur les réseaux sociaux, je gère la presse etc... Nous sommes une vraie petite entreprise », déclare Céline.
« Quand on arrive dans un nouvel endroit, on se pose généralement dans un Macdo, pour bénéficier du wifi, et on note toutes nos envies, les sports locaux que l’on a envie de faire dans le pays, les lieux à visiter etc. On change souvent au fur et à mesure du voyage quand on rencontre des gens ou que l’on tombe sur des petits coins secrets. De manière générale, on cherche à s’éloigner des lieux trop touristiques, on est plus pour les spots abandonnés. Et puis on regarde les conseils sur les groupes Facebook d’expatriés français dans chaque destination, ce sont de vraies mines d’or. »

©See You Soon

Quel est votre quotidien ?


« À vrai dire il ne se ressemble jamais, tout dépend des conditions et de la destination, et nous essayons de ne pas rester plus de 24h à chaque endroit. Dans une ville c’est plus simple, nous visitons, nous mangeons, nous sortons. Mais lorsque nous sommes en pleine montagne ou au bord de l’eau, dans de grands espaces outdoor en fait, notre mission principale n’est autre que revenir aux besoins primaires : manger, boire et se laver », raconte Aurélien. « Une autre de nos grandes préoccupations est la recharge du van, car avec les nombreux appareils électroniques que nous possédons, mine de rien ça se décharge vite ! Le nôtre se recharge grâce aux panneaux solaires, et ça c’est aussi notre quotidien. Mais avec le temps, on apprend pas mal de petites astuces. Au début par exemple, on se galérait à prendre l’eau dans des rivières, jusqu’à ce qu’on rende compte qu’il y avait des tuyaux d’arrosage bien pratiques dans des stations d’essence. Ensuite, nous sommes totalement dépendants du temps, s’il y a de la neige, nous skions ; s’il y a des vagues, nous surfons ; s’il y a des lacs, nous pêchons. Si le temps n’est pas favorable, nous sommes contraints de rester enfermés dans le van, et là, ça se complique. »


Justement, vous ne vous marchez pas un peu dessus, dans ce si petit "logement" ?  


« L’entente est parfois difficile, nous sommes très dépendants l’un de l’autre, donc ça c’est assez compliqué. En ville, chacun peut partir de son côté, mais pour le reste c’est différent. Si l'un de nous deux veut rester dormir alors que l’autre veut rouler, ce n’est pas possible. Moi par exemple, je suis prêt à faire un détour de deux heures pour aller photographier un pont, Céline a du mal à le supporter. En gros soit on se complète, soit on se tape dessus », s’esclaffe Aurélien.

©See You Soon

Avez-vous un budget quotidien ? 

« Non, nous n’en avons pas. Encore une fois, tout dépend d’où l’on se trouve. Il nous arrive de cuisiner et d’autres fois de manger dehors, car manger au restaurant revient parfois moins cher que de faire ses courses, comme en Albanie par exemple. Tout dépend aussi du prix de l’essence, qui est notre premier budget. En Grèce et en France par exemple, l’essence coûte plus du double qu’en Turquie, nous nous accordions donc moins de plaisir », nous expliquent-ils.


Ce n’est pas trop compliqué de se garer, surtout dans les villes ?

« On utilise une application très cool qui s’appelle Park 4 night, et qui renseigne tous les points de chute où se garer, et notamment dans les villes. L’appli nous donne aussi les points d’électricité dans les environs, les douches et les toilettes. Vraiment très utile ! », déclarent-ils.


Prochaine étape ?


« La Géorgie ! On essayera de vous partager nos tips ! »

©See You Soon

Quel est votre meilleur souvenir ?

« Tout le monde nous pose la question, mais on ne sait toujours pas y répondre. Tous les souvenirs sont les meilleurs, nous vivons tous les jours des moments de dingue et une aventure de folie, je pense que nous n’avons pas encore assez de recul pour vous répondre. Je dirais que mon meilleur souvenir, c’est le quotidien. Bien sûr, des moments forts comme nos rencontres avec des locaux, en font aussi partie ! », nous révèle Céline.


Et le pire ?

« Ça étrangement, on s’en souvient ! On a été embourbés des dizaines de fois avec le van, mais le pire souvenir reste lorsqu’on est restés bloqués en Autriche par des arbres en pleine tempête des Cinq Terres, au beau milieu d’une forêt à côté d’un lac. Nous avons essayé de passer par un champ mais nous nous sommes embourbés et les pompiers ont dû intervenir. Évidemment, ce périple a engendré des fuites dans le van, une coupure d’électricité et que sais-je encore. Et tout ça au début de notre voyage bien entendu ! Les routes étaient remplies d’arbres, nous avons dû faire des tonnes de demi-tours à droite à gauche. Pour tout vous dire, nous avons passé les trois premières semaines de notre voyage sous la pluie ! Ça commençait à jouer sur notre moral, mais heureusement dès que l’on a passé la frontière croate, il n’a pas cessé de faire beau ! », nous racontent-ils.
« En ce qui concerne les moments difficiles, pour ma part ce fut le début le plus dur. Il faut réussir à se mettre dans le bain, rester dans l’action, dans un bon mood. Il faut trouver le rythme, réussir à sortir du mindset. Nous n’avons pas d’emploi du temps fixe à respecter et c’est à nous de le créer. Il faut s’obliger à être efficace sinon on tombe vite dans l’inertie. », rapporte Céline.
« Pour moi, il n’y pas eu de moments plus difficiles, c’est plus le timing. Nous sommes partis en plein hiver, et forcément la vanlife dans le froid, c’est moins cool. Mais on reste toujours optimiste, c’est très important. On a commencé par le pire donc ça ne peut que s’améliorer », confie Aurélien.

 ©See You Soon

Des projets ?

« Nous souhaitons monétiser la suite de notre voyage et faire un film de toutes nos aventures, pourquoi pas un documentaire. Pour mener à bien le projet, nous aurons sans doute recours à un crowdfunding ». 


Le mot de la fin ?

Céline : « Rien n’est grave, tout paraît très compliqué mais tout est très simple dans le fond, il faut juste apprendre à prendre sur soi et dédramatiser, lâcher prise et relativiser. Cette expérience est une psychanalyse grandeur nature. »
Aurélien : « Prenez le temps de vous rappeler de votre vie d’avant et comparez-la avec ce que vous vivez en une journée. Je vous assure que le jeu en vaut la chandelle ! »


Continuez à suivre leurs aventures de vanlifers à travers leur blog, leurs réseaux sociaux et leurs vidéos !